REPORT DE L'ELECTION PRESIDENTIELLE DU 24 MARS 2024 : CRISE INSTITUTIONNELLE AU SOMMET DE L'ETAT?
Tous les cinq ans, il est organisé de façon stricte et précise une élection présidentielle. Alors, nous demanderons nous qu’est-ce qu’une élection présidentielle? Eh bien, c’est la rencontre entre un Homme et pas n’importe lequel avec son peuple. Tous les cinq ans, plusieurs personnes se chargent et s’imputent la grandiose mission de confier leur destinée un à un des leurs dans les différents bureaux de votes du Sénégal.
Cependant, le rêve de tout un pays et de toute une nation est anéanti, car l’élection présidentielle du Dimanche 25 Février 2024 n’aura pas lieu à date échue (reportée)comme convenu par le décret du Président de la République du Sénégal, Son Excellence, Macky SALL. En effet, le Président de la République, prend une décision cruciale pour l’avenir du Sénégal, en signant le décret n° 2024-106 du 3 février 2024 abrogeant le décret n° 2023-2283 du 29 novembre 2023 portant convocation du corps électoral.
En outre, il justifie ce décret en évoquant de multiples raisons telles que les irrégularités constatées dans le processus électoral, une candidate binationale dont la participation est validée par le Conseil Constitutionnel, l’indisponibilité du bon fichier pour l’opposition et surtout la suspicion de corruption de deux juges du Conseil Constitutionnel…qui ont poussé le Président à reporter l’élection présidentielle.
Au vu et su de tous ces événements, le Président de la République va répondre positivement à la saisine qui lui est transmise par l’Assemblée Nationale. Comment? En soumettant, une proposition de loi, qui sera votée et adoptée à la « majorité » par les députés de la mouvance présidentielle, après plusieurs heures de heurts entre députés de la majorité et ceux de l’opposition. Ces derniers se verront extirpés et «jetés» dehors sans leur consentement.
Une semaine plus tard, les sept sages du Conseil Constitutionnel vont casser la proposition de loi acceptée par l’Assemblée Nationale et qui permet au Président de reporter la présidentielle(annulation du décret présidentiel par le Conseil Constitutionnel).
Ce dernier ne s’arrêtera pas là, ira jusqu’à demander avec fermeté au Chef de l’Etat d’organiser l’élection dans «meilleurs délais » avant le 2 Avril 2024. En réalité, ce présent jour est la fin des cinq années du Président Macky SALL et il est tenu conformément à la Charte Nationale du pays, la Constitution, conformément à la décision symbolique rendue par cette cours, d’organiser l’élection présidentielle dans les meilleurs délais, dont tous les candidats retenus doivent participer, hormis Rose Wardini, qui a retirée officiellement sa candidature pour cause de double nationalité.
A défaut, d’organiser cette élection avant la date limite de son quinquennat, le pays sera plongée dans une véritable crise institutionnelle. Le Sénégal dans sa globalité va être vu d’un mauvais œil à l’échelle régionale et internationale. En plus, les investisseurs et « gros bras » financiers vont fuir le pays pour cause d’instabilité et aussi l’inflation de plusieurs denrées alimentaires revues à la hausse. Eh bien, ce sont les sénégalaises et sénégalais qui vont en périr.
Bref, le Président de la République du Sénégal, son Excellence, Monsieur Macky SALL a la lourde tâche d’organiser l’élection présidentielle avant le 2 Avril 2024, date de sa passation de service avec le nouveau Président de la République, légalement et légitimement élu au suffrage universel direct.
Pourquoi, il doit organiser l’élection présidentielle avant la fin de son mandat? Que se passerait-il s’il ne l’organise pas avant cette date?
En réalité, si le Président de la République ne signe pas le décret convoquant le corps électoral et toutes les autorités compétentes chargés de mener à bien ce processus, il y aurait possiblement une crise institutionnelle entre les différents pouvoirs existants. Ceci n’est un pas événement inconnu depuis que le Sénégal est devenu une République. Car un jour au Sénégal, précisément le 17 Décembre 1962, les divergences politiques entre le Président d’alors Léopold Sédar Senghor et le Président du Conseil, Mamadou Dia, qui détenait en mains et définissait la politique de la Nation. Ce dernier avait trop de pouvoirs, selon le Président Léopold Sédar Senghor. En effet, aux temps, le Sénégal avait un régime bicéphale, c’est-à-dire régime à deux têtes, composé du Président de la République, Léopold Sédar Senghor et du Président du Conseil, qui faisait presque tout. En plus, les deux hommes suivent différents courants de pensée économique. Et cela, est en quelque sorte, la raison majeure de leur discorde. Plus les jours passaient, plus la relation entre les deux hommes devenait venimeuse et tendue. C’est ainsi que le président Senghor demande à ses « amis » députés de voter une motion de censure pour dissoudre le Gouvernement de Mamadou Dia et réduire ainsi les pouvoirs de Mamadou Dia. Ce dernier dira par la suite que « Si je suis désavoué devant le parti, le 20 décembre, je renoncerai à toutes mes fonctions »
Même s’il s’avère que Dia détenait la majorité à l’assemblée nationale. C’est l’occasion saisie par le président Senghor de pousser certains de ses députés « amis » à voter une motion de censure afin de réduire à néant Mamadou Dia. Ce vote est fait en catimini, car les protégés de ce dernier était non seulement les majoritaires mais aussi seraient en désaccord avec la motion de censure.
Finalement, la loi va être votée, adoptée et promulguée au Journal Officiel. Ainsi, Mamadou Dia est destitué de son poste de Président du Conseil et sera enfermé pendant 12ans dans « les falaises de Kédougou ». C’est dire en quelque sorte, dans l’histoire politique du Sénégal, les Présidents ont un excès de pouvoir, limite abusé. En tant que démocrate comme ils s’autoproclament, ils sont tenus et seront tenus de respecter avec vigueur la Constitution et le calendrier républicain. Car l’élection présidentielle, c’est plus qu’un vote, c’est la rencontre et pas des moindres d’un Homme avec son peuple. Comme indiqué par le Conseil Constitutionnel, le Président de la République est tenu d’organiser l’élection dans les meilleures délais, avant le 2 Avril, date de fin de son magistère, histoire de plonger le Sénégal dans des lendemains incertains.
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