LES TAXI JAKARTA OU TIAK TIAK: UN MOYEN DE TRANSPORT RÉVOLUTIONNAIRE AU SENEGAL

Le Sénégal, comme bon nombre de pays africains, fait face à un défi majeur : le chômage exécrable de la jeunesse. Plongé dans un contexte où le taux de chômage atteint environ 24%, la recherche de solutions innovantes et adaptées aux réalités locales est une évidence et plus qu’urgent pour assurer un avenir meilleur à la jeunesse. L'activité pratiquée par les motos « Jakarta » se distinguent comme une alternative prometteuse et porteuse d'espoir la jeune population sénégalaise. Ces deux-roues, bien que relativement nouvelles sur la scène du transport interurbain sénégalais, se sont rapidement imposées comme un moyen efficace non seulement de mobilité facile, mais aussi de lutte contre le chômage. Un secteur informel qui mérite une attention particulière de l'Etat du Sénégal.

 










Un outil de transport populaire et accessible


Les motos « Jakarta » ou communément appeleés Thiak Thiak sont devenues en l’espace de quelques années un facteur indispensable du paysage urbain sénégalais, en particulier dans les zones périurbaines et rurales de la capitale sénégalaise où ces dernières sont présentes en masse. Le faible coût d’acquisition et d’entretien de ces motos en fait un choix attractif pour les jeunes désireux de se lancer dans une activité génératrice de revenus. Contrairement aux bus, « Ndiaga Ndiaye » ou encore aux cars rapides, qui nécessitent des investissements importants, les motos Jakarta offrent une accessibilité financière qui permet à un plus grand nombre de jeunes de se lancer dans le transport urbain. D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle bon nombre de jeunes possèdent cette commodité de transport populaire et prisée partout dans les 14 régions du Sénégal.



De plus, ces motos répondent facilement à un besoin criant de mobilité rapide,  efficace et rapide dans des zones où les infrastructures routières laissent souvent à désirer. Permettant de contourner les embouteillages, de desservir des zones reculées où certains véhiculent ne peuvent accéder et de répondre rapidement à une demande croissante et exponentielle de déplacements intra-urbains. Par ricochet, il est bien logique que les motos Jakarta s’intègrent parfaitement dans le quotidien des Sénégalais, tout en contribuant à fluidifier le transport dans des zones souvent mal desservies par les moyens de transport traditionnels à l’image des voitures. Fort de cette influence grandissante, elles ont rapidement conquis le cœur des Sénégalais, en devenant un moyen de transport incontournable dans Dakar et ses localités environnantes.





Une accessibilité financière, mobilité rapide et flexible

L’un des principaux atouts des motos Jakarta est leur coût relativement bas. Comparées à d'autres moyens de transport comme les voitures ou les taxis, ces motos sont beaucoup plus abordables, tant à l’achat qu’à l’entretien. Cela les rend accessibles à une large frange de la population, notamment aux jeunes qui cherchent à se lancer dans une activité économique avec un investissement initial limité. En outre, la facilité d'acquisition, souvent possible grâce à des micro-crédits, permet à de nombreux jeunes de se procurer une moto et de commencer à générer des revenus rapidement pour après rembourser les prêts bancaires.


Les motos Jakarta offrent une grande flexibilité en matière de déplacement. Particulièrement appréciées pour leur capacité à se faufiler dans la circulation dense des grandes villes comme Dakar, réduisant ainsi considérablement le temps de trajet qui augmente au double ou triple avec les voitures. Fortement présentes dans des quartiers où les transports publics sont peu fréquents ou inexistants, les Jakarta comblent un vide important en matière de mobilité. Elles permettent également de desservir des zones reculées ou difficilement accessibles par les bus ou les taxis, ce qui en fait un moyen de transport indispensable pour les habitants de ces régions. Le Magal de Touba en est un exemple parfait, où de nombreux fidèles prennent ces locomotions de transport en lieu et place véhicule. Cela revêt en toute évidence l'efficacité et l'efficience de ces dernières bien que dangereux en terme de sécurité et confort.




Un secteur en pleine expansion et une réponse au chômage 

L'essor des motos Jakarta a également dynamisé le secteur informel du transport au Sénégal. De nombreux jeunes, confrontés à un marché de l'emploi difficile, se tournent vers cette activité pour subvenir à leurs besoins. En ce sens, les Jakarta ne sont pas seulement un moyen de transport, mais aussi une opportunité économique pour des milliers de Sénégalais. Toutefois, cette croissance rapide pose des défis en matière de sécurité routière et de régulation, nécessitant une intervention étatique pour encadrer et structurer le secteur.


L’émergence des motos Jakarta sur le marché du travail informel représente une opportunité significative pour les jeunes sénégalais, souvent confrontés à un manque d'opportunités d'emploi dans les secteurs formels. En l'absence d'une économie suffisamment développée pour absorber la masse des jeunes diplômés ou non, ces motos offrent une alternative accessible pour générer un revenu. Beaucoup de jeunes, armés d’un simple permis de conduire, peuvent ainsi se lancer dans cette activité, leur permettant de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles. Cependant, si ce secteur reste largement informel, il pourrait rapidement atteindre ses limites en termes de durabilité et d’impact économique. C’est là qu’intervient le rôle crucial de l'État et de ses structures dédiées à l'employabilité. En organisant et en structurant ce secteur, l'État pourrait non seulement offrir un cadre juridique aux milliers de jeunes qui y travaillent, mais aussi garantir des conditions de travail décentes, une sécurité accrue et une meilleure régulation des prix et des services.





Un secteur informel prometteur avec des enjeux à surmonter


Si les motos Jakarta apparaissent comme une solution innovante au problème du chômage, elles ne sont pas sans défis. Le principal risque réside dans l'informalité persistante de ce secteur, qui expose les jeunes à des conditions de travail précaires et à une concurrence acharnée. De plus, l'absence de régulation peut entraîner des problèmes de sécurité routière, avec une augmentation des accidents impliquant ces motos. Il est donc impératif que l’État sénégalais prenne des mesures pour encadrer ce secteur tout en veillant à ne pas étouffer l'esprit d'entreprise qui anime ces jeunes. Des campagnes de sensibilisation à la sécurité routière, couplées à une formation adéquate des conducteurs, pourraient également réduire les risques associés à cette activité. Les motos Jakarta représentent un levier essentiel pour l’autonomisation des jeunes au Sénégal. Elles offrent une réponse tangible à la problématique du chômage, tout en contribuant à améliorer la mobilité urbaine. Toutefois, pour que ce secteur puisse pleinement jouer son rôle de moteur de l'emploi, il est crucial que l'État intervienne pour le structurer et le formaliser. Cela garantirait une activité durable, sécurisée et profitable tant pour les jeunes que pour l'économie sénégalaise dans son ensemble.






Les motos Tiak Tiak, un secteur à formaliser


Bien que les motos Jakarta aient prouvé leur efficacité comme alternative au chômage, la formalisation de ce secteur reste un enjeu majeur. La régularisation de ces activités permettrait non seulement de protéger les travailleurs, mais aussi de mieux intégrer ce secteur dans l’économie nationale. Cela pourrait se traduire par la mise en place de licences spécifiques, l’accès à des formations professionnelles pour les conducteurs, ainsi que des mesures incitatives pour l’entretien et la gestion des motos. En outre, une formalisation pourrait ouvrir la voie à des initiatives d’assurance et de sécurité sociale pour les conducteurs, réduisant ainsi les risques associés à ce métier. L’État pourrait également envisager des subventions ou des crédits à taux réduit pour l’acquisition de motos, facilitant l’accès des jeunes à ce marché. Ainsi, la formalisation ne servirait pas seulement à encadrer le secteur, mais aussi à le dynamiser, rendant l’activité plus attractive et durable à long terme.







 

Mamadou Elhadji LY/ CESTI

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