PRÉSIDENTIELLE EN TUNISIE: KAÏS SAÏED DÉPOSE SA CANDIDATURE

Le Président en exercice de la Tunisie, Kaïs Saed, a officiellement déposé sa candidature ce mardi 6 Août 2024 pour briguer un second mandat à la tête de la Tunisie. Un dépôt de candidature qui du moins suscite de nombreuses réactions diverses au sein des populations. Ces dernières divisées en deux clans, l’un soutenant la réélection du Chef d’Etat et l’autre, qui annonce des volontés contraires.



Kaïs Saed dépose sa candidature pour un second mandat 





Élu en 2019 avec une large majorité, Kaïs Saïed a marqué son premier mandat par une série de réformes controversées qui ont pour objectif de centraliser le pouvoir exécutif au sein de son gouvernement et à restructurer le système politique tunisien. Avec un format de gouvernance, souvent qualifié de populiste et agressif à l’égard de la communauté noire vivant en Tunisie. Une raison solide qui  a divisé l'opinion publique en deux groupes et qui risque d’empêcher au Président Tunisien de briguer un nouveau mandat.


Réactions musclées de l’opposition tunisienne 

La candidature officielle de Kaïs Saed a immédiatement provoqué des réactions contrastées au sein des opposants et acteurs politiques du pays. Ses partisans louent son engagement envers la lutte contre la corruption et la refonte de l'appareil d'État après les douloureux événements de 2011, tandis que de l’autre bord ses opposants dénoncent une dérive autoritaire et sanguinaire contre les citoyens tunisiens, en particulier contre la communauté noire et une érosion des acquis démocratiques obtenus depuis la Révolution de 2011, réduit au néant.


Nabil Karoui, chef du parti « Au Cœur de la Tunisie » , a exprimé ses réserves quant à la candidature de Saed, soulignant que « la Tunisie a besoin de leaders qui rassemblent, non de figures polarisantes ». De son côté, Abir Moussi, leader du Parti Destourien Libre, a critiqué ce qu'elle appelle « la tentative de monopolisation du pouvoir par Saïed ». À noter, que ces deux personnalités pressentis être candidats pour le fauteuil présidentiel sont respectivement condamnés de prison pour 3 ans et 2 ans. 


Les défis économiques et sociaux à l’horizon 

Le mandat de Kaïs Saïed a été frappé par des défis économiques et sociaux immenses. La crise économique, en grande partie causée par la pandémie de COVID-19, a conduit à une augmentation du chômage estimé à 16,2% suite à une étude générale réalisée par l’ONUet aussi de la pauvreté. Tous ces facteurs ont entraîné de dures manifestations fréquentes et une perte criarde de confiance croissante de la population à l’égard du gouvernement tunisien.

Néanmoins, pour beaucoup, la candidature du Chef d’Etat sortant représente une opportunité de poursuivre les réformes nécessaires engagées pour stabiliser l'économie du pays et améliorer les conditions de vie des Tunisiens qui sont nettement dégradées au sein de la grande masse. Cependant, d'autres estiment qu'un changement de leadership est nécessaire pour sortir de l'impasse actuelle.


Un programme attendu pour une Tunisie nouvelle 

Dans son discours annonçant sa candidature, Kaïs Saïed a promis de continuer à œuvrer pour une Tunisie "plus juste, plus équitable et plus souveraine". Il a mis l'accent sur la nécessité de renforcer l'indépendance judiciaire, de promouvoir la transparence et de développer des infrastructures pour stimuler l'économie.

Il a également insisté sur l'importance de la sécurité nationale et de la lutte contre le terrorisme au sein des frontières tunisiennes, déclarant que « la Tunisie doit rester un bastion de stabilité dans une région en proie à des turbulences ».


Vers une campagne électorale électrique 

Alors que la campagne électorale se profile, la Tunisie se prépare à vivre des semaines intenses de débats et de confrontations politiques. Les électeurs seront confrontés à des choix déterminants pour l'avenir du pays, avec des enjeux allant de la démocratie et des droits de l'homme à l'économie et la sécurité.

La candidature de Kaïs Saïed, en tant que Président sortant, place d'ores et déjà cette élection sous le signe de la continuité ou du changement. Reste à voir si les Tunisiens choisiront de renouveler leur confiance en lui pour un second mandat ou s'ils opteront pour une nouvelle direction.


Mamadou Elhadji LY/ CESTI 

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