EQUIPE NATIONALE - SENEGAL : ALIOU CISSÉ SOUS LA SELETTE

 Le cas d'Aliou Cissé avec l’Equipe Nationale du Sénégal est complexe et mérite une analyse approfondie. D’un côté, il est indéniable que l’ancien capitaine des Lions en 2002 a accompli des choses remarquables et saluées par tous les sénégalais. En effet, en remportant la CAN 2021 en terres camerounaises, il a écrit son nom en lettres dorées dans l’histoire du football sénégalais, apportant enfin ce trophée tant attendu par les amateurs de football. De plus, sa gestion des phases de poule montre qu'il sait parfois mener son équipe à des résultats satisfaisants. Souvent ces matchs remportés au score le sont encore moins niveau qualité de jeu produit. Ceci représente nettement l’arbre qui cache la forêt depuis 2015 date de sa prise de fonction. Cependant, plusieurs signaux montrent que son cycle pourrait toucher à sa fin, et persister encore pourrait être contre-productif pour le Sénégal entier. 













L’un des arguments principaux pour justifier un changement à la tête de l’équipe est la notion de « fatigue du cycle ». Dans le football, comme dans d’autres sports collectifs, les équipes passent par des phases d’apogée et de déclin. Cissé, après avoir conduit les Lions à des sommets, semble désormais entrer dans une phase de stagnation, de pique voire de déclin. Ses choix tactiques lors de la dernière CAN, notamment lors du match contre la Mauritanie et les difficultés rencontrées face au Burkina Faso, témoignent d’un manque d’adaptation face aux enjeux. L’incapacité à réagir lorsque son milieu de terrain se faisait dominer est symptomatique de cette usure. Un coach qui ne parvient pas à remettre en question ses décisions ou à ajuster son approche en fonction des situations démontre souvent des signes d’épuisement professionnel ou de rigidité tactique.


Le parallèle avec Djamel Belmadi est pertinent. Après avoir connu la gloire en remportant la CAN 2019, l’Algérien s’est accroché à son poste malgré les échecs successifs. Cela montre bien les dangers pour un entraîneur de vouloir prolonger son règne au-delà de la durée optimale de son cycle. Le syndrome Belmadi est une leçon de plus qui devrait inciter Cissé à prendre du recul. Car comme vous le mentionnez, partir au sommet permet de conserver le respect et l’admiration. Zidane l’a compris en quittant le Real Madrid après avoir remporté trois Ligues des champions consécutives. Le football, en tant que sport cyclique, ne pardonne pas ceux qui restent trop longtemps. Un départ aurait permis à Cissé de quitter par la grande porte, avec l’image du vainqueur de la CAN, plutôt que d’être victime d’une possible débâcle future.


Autre point important : la gestion des émotions et la communication. En conférence de presse, Cissé a semé le doute en évoquant sa crainte du Burkina Faso. Une telle déclaration, loin de galvaniser son équipe, donne un ascendant psychologique à l’adversaire. Le football moderne exige des leaders qui inspirent confiance et sérénité à leurs équipes. Afficher des craintes face à un adversaire met en lumière un manque de certitude et un doute quant à la solidité de son propre effectif. Cela contraste fortement avec le Sénégal, équipe perçue comme une puissance du football africain, mais qui semble désormais craindre même les équipes de moindre envergure.


Enfin, la gestion des joueurs clés est une question préoccupante. Sadio Mané, joueur phare de l’équipe, s’est plaint du système sans être écouté. Une telle situation révèle un malaise interne. Un entraîneur doit savoir écouter ses leaders sur le terrain, car ce sont eux qui traduisent la tactique en réalité durant les matchs. Si un joueur de la stature de Mané exprime son inconfort, le sélectionneur doit en tenir compte. Ignorer cette voix est non seulement un signe de rigidité, mais cela peut aussi miner la cohésion du groupe. 





En conclusion, si Aliou Cissé a rendu d’énormes services au football sénégalais, les signes montrent que la fin de son cycle est proche. Le Sénégal, pour rester au sommet, doit peut-être envisager un changement à la tête de son équipe. L’histoire a montré que dans le football, il est souvent plus sage de partir au sommet, avant que la situation ne se détériore, plutôt que de persister et de risquer une désillusion qui pourrait effacer les acquis précédents. La reconnaissance de la fatigue d’un cycle, l’évolution nécessaire des schémas tactiques et la prise en compte des signaux d’alerte doivent guider toute réflexion sur l’avenir d’Aliou Cissé à la tête des Lions.







MAMADOU ELHADJI LY /  CESTI 

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