FOOTBALL - OM : CHANCEL MBEMBA SUSPENDU DU GROUPE PROFESSIONNEL
L’histoire entre Chancel Mbemba et l’Olympique de Marseille, autrefois synonyme d’une ascension fulgurante, semble aujourd’hui sombrer dans une rupture irréversible. Pilier défensif, élu meilleur joueur africain de Ligue 1 en 2023 avec le Prix Marc-Vivien Foé, le Congolais a rapidement conquis le cœur des supporters marseillais. Pourtant, depuis l’arrivée de Roberto De Zerbi à la tête de l’OM, sa situation s’est brutalement détériorée.
Une chute incompréhensible
L’arrivée de De Zerbi a marqué un tournant pour Mbemba. Alors que le défenseur congolais était vice-capitaine et essentiel dans l’équipe, il est soudainement relégué au second plan, exclu des plans de reconstruction du nouvel entraîneur. Cette éviction a non seulement surpris, mais choqué les observateurs du football. Mbemba, qui avait été l’un des rares à se distinguer lors de la dernière saison décevante de l’OM, a été mis à l’écart, placé dans le "loft" des joueurs indésirables avec l’objectif clair de le pousser vers la sortie, notamment en direction de l’Arabie saoudite.
Ce déclassement se traduit par plusieurs incidents avec la direction du club. Accusé de propos agressifs envers le staff et d’un manquement à une convocation médicale, Mbemba a été sanctionné d’une mise à pied avec retenue de salaire. Ces mesures disciplinaires semblent avoir accentué la fracture entre le joueur et le club, rendant difficile toute réconciliation.
Un conflit aux répercussions multiples
Ce conflit interne dépasse largement le cadre sportif. D’un côté, la Ligue de football professionnelle (LFP) a exigé la réintégration de Mbemba dans l’équipe professionnelle, après une décision en sa faveur. Cependant, ce jugement n’a pas suffi à rétablir le lien entre le joueur et l’OM, où la direction, incarnée par Pablo Longoria, reste inflexible. De l’autre, la pression monte parmi les supporters congolais, qui vivent cette situation comme une profonde injustice.
L’indignation gagne également les rangs des personnalités du football. Claude Le Roy, ancien sélectionneur de la RD Congo, n’a pas mâché ses mots : « C’est invraisemblable. Mbemba est un joueur exemplaire, facile à gérer. Cette attitude de l’OM est indigne. » Cette critique illustre un sentiment partagé : celui que l’OM, en quête de renouveau à tout prix, sacrifie des joueurs loyaux et performants.
Le "Comité de freinage" : la colère des Congolais
En RD Congo, Chancel Mbemba est considéré comme un demi-dieu, tant son apport à l’équipe nationale est indéniable. Ses performances récentes avec les Léopards, notamment en éliminatoires de la CAN 2025, montrent qu’il n’a rien perdu de sa solidité mentale et physique. Pourtant, cette épreuve à Marseille touche profondément ses fans. Les réseaux sociaux du club olympien ont été pris d’assaut par des Congolais furieux, appelant à des désabonnements massifs. Ce mouvement, baptisé le « Comité de freinage », vise à boycotter l’OM de toutes les manières possibles, tant la déception est immense.
Un avenir incertain et en pointillés
Pour Chancel Mbemba, la situation à l’OM semble désormais inextricable. S’il a remporté une victoire juridique, la perspective d’un retour en grâce paraît improbable. Mentalement fort, mais humainement touché, Mbemba fait face à une période de grande incertitude. Rester à Marseille dans un climat hostile, ou partir pour relancer sa carrière ailleurs ? La réponse à cette question déterminera sans doute la suite de sa carrière. Mais au-delà de son avenir personnel, cette affaire soulève une réflexion plus large sur les méthodes de gestion de certains clubs, où la quête de résultats semble prendre le pas sur la dimension humaine.
Mamadou Elhadji LY / CESTI

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