FOOTBALL - TOURNOI UFOA U17 : LE TOURNOI DÉBUTE AUJOURD'HUI, LA GUINÉE RECALÉE
Alors que le tournoi de l’UFOA/A des moins de 17 ans se déroule au Sénégal du 20 octobre au 3 novembre 2024, une onde de choc vient de secouer la compétition. Le Syli National U17 de Guinée a été disqualifié de ce tournoi qualificatif pour la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de la catégorie, à cause de l’utilisation de joueurs inéligibles, révélée par les tests d’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique). Ce scandale a également touché deux autres nations, la Guinée-Bissau et la Sierra Leone, qui ont également été exclues pour les mêmes raisons. Cette disqualification massive met en lumière des pratiques préoccupantes au sein de ces fédérations et pose de sérieuses questions sur la gestion du football de jeunes en Afrique de l’Ouest.
Un enjeu de taille : la qualification pour la CAN U17
Le tournoi de l’UFOA/A ne se limite pas à couronner le champion de la zone A, il sert aussi de phase qualificative pour la prochaine Coupe d’Afrique des Nations U17. Cette double importance rend la compétition particulièrement cruciale pour les jeunes talents du continent, d'autant plus que la CAN U17 est une étape indispensable vers l’internationalisation et la professionnalisation des joueurs. Pour le Sénégal, pays hôte et tenant du titre de la CAN U17, la motivation est à son comble, mais pour d’autres nations comme la Guinée, la compétition a pris une tournure bien différente.
La disqualification du Syli National U17 est un véritable coup de massue pour une équipe qui aspirait à se qualifier pour la CAN. Prévu pour entrer en lice ce dimanche à 18 heures contre la Gambie, la Guinée ne participera finalement pas à cette rencontre, marquant ainsi la fin prématurée de son parcours dans ce tournoi. Selon les rapports, la Guinée a dépassé la limite autorisée de quatre joueurs jugés inéligibles après les tests IRM. Cette exclusion massive reflète une infraction aux règles strictes mises en place pour garantir l’intégrité des compétitions de jeunes, où l’âge des joueurs est un facteur essentiel.
L'IRM, un outil clé dans la lutte contre la tricherie par âge
L’IRM, utilisée pour mesurer la maturité osseuse des joueurs, est devenue l’outil privilégié de la Confédération Africaine de Football (CAF) pour détecter les fraudes sur l’âge, un fléau qui gangrène depuis longtemps les compétitions africaines de jeunes. Les joueurs âgés de plus de 17 ans n’ont pas le droit de participer à cette compétition, et ces tests permettent de vérifier que les participants respectent cette limite. Toutefois, malgré les règles strictes, certaines fédérations continuent de contourner ces mesures en alignant des joueurs plus âgés, en quête de performances immédiates, au détriment de l’éthique sportive.
Le cas de la Guinée, qui avait pourtant un potentiel fort et un palmarès honorable dans les compétitions de jeunes, est symptomatique d’un problème plus vaste : le manque de sérieux dans la gestion des équipes de jeunes. La Guinée, sous la direction de Bouba Sampil, président de la Fédération Guinéenne de Football, se trouve aujourd’hui dans une position délicate. Ce n'est pas la première fois que le football guinéen est entaché par des scandales administratifs ou sportifs, et cette nouvelle désillusion pourrait bien affecter la crédibilité de la fédération sur la scène internationale.
Un récalage, des conséquences au-delà du terrain
Les répercussions de cette disqualification vont bien au-delà du tournoi. Pour les jeunes joueurs guinéens, souvent issus de milieux modestes et en quête d’opportunités professionnelles, cette exclusion représente un rêve brisé. Beaucoup d’entre eux voient dans les compétitions comme la CAN U17 une plateforme pour se faire repérer par des clubs européens ou d’autres ligues étrangères. En les privant de cette chance, la fédération ne leur rend pas seulement un mauvais service, elle les pénalise lourdement sur le plan de leur carrière.
De plus, cette affaire ternit également l’image du football guinéen à l’échelle régionale et continentale. Les jeunes « Lionceaux » sénégalais, finalistes malheureux de la dernière édition, mais champions de la CAN U17, auraient certainement souhaité affronter une équipe guinéenne compétitive pour se mesurer à un adversaire de haut niveau. En l’absence du Syli, le tournoi perd un peu de son éclat et l’équité sportive est compromise.
Le défi de la bonne gouvernance dans le football africain
Ce scandale met en lumière un enjeu plus large : la gouvernance du football africain et, en particulier, la gestion des compétitions de jeunes. Trop souvent, les fédérations sont accusées de négligence, voire de corruption, dans la gestion des âges des joueurs. L’exemple de la Guinée et des autres nations disqualifiées illustre bien ce problème, qui reste récurrent malgré les efforts de la CAF pour y remédier.
Au lieu de se concentrer uniquement sur les résultats à court terme, il est essentiel que les fédérations mettent en place des politiques de développement à long terme pour leurs équipes de jeunes. Cela inclut des programmes de formation, une gestion rigoureuse des catégories d’âge, et surtout, une transparence accrue dans les processus de sélection des joueurs. Faute de quoi, de tels scandales continueront de ternir l’image du football africain, et plus grave encore, de freiner la progression de talents prometteurs.
Une chance à saisir pour les autres équipes
Pour les équipes encore en lice, cette disqualification ouvre de nouvelles perspectives. Dans le groupe A, où le Sénégal affronte la Gambie et le Liberia, l’absence de la Guinée change radicalement la donne. Les « Lionceaux » sénégalais, qui espèrent briller devant leur public à domicile, ont désormais une voie plus dégagée pour accéder aux demi-finales, bien que chaque match reste un défi. Dans le groupe B, le Mali, champion en titre, voit également son chemin facilité après l'exclusion de la Guinée-Bissau et de la Sierra Leone. Cette situation renforce les chances des équipes restantes de se qualifier pour les demi-finales et, potentiellement, pour la CAN U17.
La disqualification de la Guinée, de la Guinée-Bissau et de la Sierra Leone du tournoi UFOA/A U17 est un coup dur pour le football africain, qui continue de lutter contre les fraudes d’âge dans ses compétitions de jeunes. Ce scandale met en lumière les failles dans la gestion des fédérations et la nécessité d’une plus grande rigueur dans l’administration du football de jeunes. Pour les équipes encore en lice, c’est une opportunité unique de briller, mais pour les joueurs guinéens, guinéens-bissauans et sierra-léonais, c’est un rêve qui s’effondre prématurément.
Mamadou Elhadji LY / CESTI

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