MOYEN-ORIENT - HAMAS : LE CHEF DU HAMAS YAHYA SINWAR EST MORT

Le ministre des Affaires étrangères israélien a officiellement annoncé ce jeudi soir la mort de Yahya Sinwar, figure centrale du Hamas, tué lors d'une opération militaire à Gaza. Cette confirmation intervient après des vérifications effectuées par l'armée israélienne au cours de la journée. Yahya Sinwar, considéré comme l'un des principaux architectes de l'attaque du 7 octobre 2023 contre Israël, marque un tournant potentiel dans le conflit israélo-palestinien, ravivé avec une intensité inédite depuis cette date.









Un acteur majeur du Hamas

Originaire de Khan Younès dans le sud de la bande de Gaza, Yahya Sinwar, 61 ans, est un militant historique du mouvement islamiste Hamas. Après s'être engagé dans la lutte contre l'occupation israélienne dès l'université, il fonde en 1988 le Majd, le service de sécurité intérieure du Hamas, chargé notamment de traquer les informateurs. Son parcours au sein du mouvement le propulse en 2017 à la tête de la branche politique du Hamas à Gaza. Sa mort survient après l'élimination d'Ismaïl Haniyeh, ancien chef du Hamas, à Téhéran en juillet 2023, tué dans une attaque imputée à Israël.


Sinwar Chef du Hamas, qui avait passé plusieurs années dans les prisons israéliennes, était vu comme l'une des figures les plus dures et stratégiques du Hamas. Après sa libération en 2011 dans le cadre d'un échange de prisonniers contre le soldat Gilad Shalit, il s'était imposé comme un défenseur d'une ligne radicale, tout en appelant, à certaines occasions, à une réconciliation palestinienne entre le Hamas, qui contrôle Gaza, et le Fatah, au pouvoir en Cisjordanie.




Une figure clé dans l’attaque du 7 octobre

L’attaque du 7 octobre 2023, coordonnée par le Hamas, a marqué une escalade majeure dans le conflit avec Israël. Yahya Sinwar était considéré comme l'un des cerveaux de cette offensive, qui a entraîné une réponse militaire massive de l'État hébreu, déclenchant une guerre ouverte dans la bande de Gaza. L'opération israélienne, baptisée Nili, vise précisément à éliminer les dirigeants du Hamas impliqués dans l'attaque.


Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a réaffirmé cette stratégie en déclarant sur Twitter : « Nous atteindrons chaque terroriste et nous les éliminerons ». Le gouvernement israélien n’a cessé d’intensifier ses frappes sur Gaza, qui ont déjà causé plus de 42 000 victimes palestiniennes au cours de l'année écoulée.





La fin de Yahya Sinwar : quelles conséquences ?

La mort de Yahya Sinwar soulève plusieurs questions quant à l'avenir du Hamas et de la résistance palestinienne. Bien que son élimination constitue un coup dur pour le Hamas, le mouvement islamiste, soutenu par l’Iran, le Hezbollah libanais et d’autres factions, reste enraciné dans la bande de Gaza. Sinwar lui-même avait appelé, peu avant sa mort, à une « longue guerre d'usure » contre Israël, comptant sur des alliances avec des groupes armés régionaux pour prolonger le conflit.


Selon Leila Seurat, chercheuse au Centre arabe de recherches et d’études politiques à Paris (Carep), « la nomination de Sinwar en 2017 était un choix stratégique visant à montrer que le Hamas ne capitulerait pas face à Israël ». Cette logique pourrait perdurer au sein du mouvement, malgré la disparition de son leader. En effet, le Hamas a toujours su trouver de nouvelles figures pour galvaniser la résistance, même après la perte de leaders charismatiques.




Un impact limité sur le processus de paix ?

L'élimination de Yahya Sinwar pourrait, dans l'immédiat, durcir encore davantage la position israélienne à l'égard de Gaza. Mais sur le long terme, les espoirs d’une solution politique paraissent minces. Les propositions de Sinwar pour une trêve de longue durée avec Israël, conditionnées au retrait israélien des territoires occupés, n’avaient jamais trouvé d’écho du côté israélien. De son côté, l'Autorité palestinienne dirigée par Mahmoud Abbas peine à incarner une alternative politique solide dans les Territoires palestiniens.


La guerre semble s'enliser alors que la communauté internationale peine à imposer des négociations de paix. La mort de Yahya Sinwar pourrait ainsi n'être qu'une étape supplémentaire dans une spirale de violence qui paraît, aujourd’hui, difficile à enrayer.




Mamadou Elhadji LY / CESTI 

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