SENEGAL - CULTURE : LA BIENNALE DE DAKAR OUVERTE JUSQU'AU 7 DECEMBRE 2024
Du 7 novembre au 7 décembre 2024, Dakar vibre au rythme de l’art contemporain africain avec l'ouverture de la 15e édition de la Biennale d’Art africain contemporain, également connue sous le nom de Dak'Art. Ce festival d’envergure, initialement prévu pour mai, a été reporté à novembre pour des raisons budgétaires. Néanmoins, malgré les obstacles, l'événement s’impose de nouveau comme l’une des plus importantes plateformes artistiques du continent, attirant des créateurs, des amateurs d’art, et des collectionneurs venus du monde entier.
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| Crédit Photo: Biennale de Dakar 2024, Biennale.org |
Une Biennale sous le thème de « The Wake »
Placée cette année sous le thème « The Wake » (« Le Réveil »), la Biennale se déroule dans un contexte mondial marqué par des crises climatiques et géopolitiques croissantes. Salimata Diop, directrice artistique de Dak'Art, souligne l'urgence de sensibiliser le public : « Les catastrophes climatiques s’accumulent. Le déni sur cette réalité est encore très fort. Dakar est un lieu où on est au centre de cette crise et où il paraissait pertinent d’aborder ce besoin de se réveiller. » En effet, cette édition 2024 s'engage à utiliser l'art pour alerter, inspirer et provoquer une prise de conscience collective sur l'impact de l’activité humaine sur notre planète et notre futur.
Une biennale et des œuvres qui incarnent la lutte et l'espoir
La Biennale, qui expose cette année 68 artistes dans le cadre officiel et autant dans des expositions parallèles, se distingue par une forte diversité de médiums et d’approches. L'ancien palais de Justice, choisi pour accueillir l’événement, symbolise la puissance de l'art comme force de résistance. À son entrée, un bronze monumental d'Ousmane Sow, sculpteur sénégalais de renommée mondiale, accueille les visiteurs, incarnant l’esprit guerrier et résilient de cette Biennale.
Les œuvres proposées plongent les visiteurs dans un parcours qui oscille entre le cri de détresse et l'appel à l’espoir. Parmi elles, l'installation sonore de l’artiste Nemo Camus se démarque par son approche immersive et poignante. Dans cette œuvre, Camus retranscrit les récits de travailleurs miniers de Manono, en République démocratique du Congo, confrontés aux conséquences humaines et environnementales de l’exploitation des ressources. « Qu’est-ce que ça veut dire cette crise climatique pour un minier de Manono qui va extraire des minerais ? » s'interroge Cindy Olohou, l’une des commissaires invitées, en insistant sur l'importance de donner voix à ceux dont le quotidien est souvent invisible aux yeux du monde.
Des installations aux récits universels
L’engagement de cette Biennale se manifeste également à travers les œuvres qui abordent des thématiques universelles telles que l'amour et la résilience. C’est le cas de l'artiste marocaine Ghizlane Sahli, qui propose une installation autour de la fleur, symbole de la chair humaine et de l’amour universel. Sahli explique que son œuvre a été inspirée par le séisme dévastateur de septembre 2023 au Maroc, un événement qui l’a profondément marquée. À travers cette création, elle rend hommage aux victimes et exprime son attachement aux valeurs humaines essentielles, telles que la compassion et la solidarité, qui transcendent les frontières.
Une Biennale aux échos mondiaux
Outre son importance artistique, Dak'Art incarne le désir de construire des ponts culturels entre l’Afrique et le reste du monde, et ce, dans un contexte où les questions environnementales et humanitaires sont de plus en plus pressantes. L’art contemporain africain s’impose ici comme un moyen puissant d'expression, capable de toucher et d'influencer un public global, tout en offrant une plateforme unique aux artistes africains pour partager leurs récits.
La 15e Biennale de Dak'Art s'achèvera le 7 décembre 2024, offrant aux visiteurs un mois pour explorer des œuvres qui transcendent l'esthétique et interpellent sur notre avenir collectif. Au-delà d’un simple événement artistique, Dak'Art se présente cette année comme un espace de dialogue et de réflexion, où l’art se fait le miroir de nos défis communs et le vecteur d’une conscience partagée.
Mamadou Elhadji LY / CESTI

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