ELECTION PRESIDENTIELLE - USA : DONALD TRUMP REMPORTE L'ELECTION PRESIDENTIELLE FACE A KAMALA HARRIS
Quatre ans après avoir quitté la Maison-Blanche, marqué par une défaite controversée face à Joe Biden et les échos tumultueux de l’insurrection du 6 janvier 2021, Donald Trump fait un retour fracassant. En novembre 2024, il revient à Washington, après avoir défait la vice-présidente Kamala Harris dans une victoire sans appel. Ce retour au sommet est chargé de symboles et vient s’inscrire dans l’histoire des États-Unis, tant il marque un tournant politique inédit.
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| Crédit Photo : DNA, Donald Trump 47ème President des Etats-Unis d'Amérique |
Un retour à la Grover Cleveland, un exploit rare dans l'histoire américaine
Trump devient le deuxième président américain, après Grover Cleveland en 1893, à réaliser l'exploit de deux mandats non consécutifs. L’ampleur de cette victoire est notable : non seulement il a emporté les suffrages du Collège électoral, mais pour la première fois, il a également remporté le vote populaire, un fait absent de son premier mandat en 2016. À l’époque, Hillary Clinton avait recueilli près de trois millions de voix supplémentaires, même si cela ne s’était pas traduit par une victoire au Collège électoral.
Le contexte de 2024 diffère cependant. Kamala Harris, qui portait les espoirs démocrates après le mandat de Biden, n'a pas su convaincre l'ensemble de l’électorat américain, malgré ses efforts pour rallier la base démocrate. Face à elle, Trump a su utiliser son expérience de terrain et son charisme auprès d’une partie de l’Amérique rurale et périurbaine, des régions souvent laissées de côté par les élites, pour rebâtir son empire politique.
Une Amérique fracturée, un succès qui interroge
Les résultats de cette élection révèlent une Amérique profondément divisée. D'un côté, les zones rurales et les régions industrielles du Midwest, qui continuent d’adhérer à la vision protectionniste et nationaliste de Trump, enracinée dans son slogan historique « America First ». De l’autre, les grandes métropoles côtières, qui voient en lui un leader polarisant, aux prises avec des scandales judiciaires et des accusations de divisionnisme.
Pour les électeurs de Donald Trump, ses déboires judiciaires n'ont été qu'une énième tentative d’entraver sa marche vers la Maison-Blanche. Les accusations d'ingérence russe, les enquêtes fiscales, les polémiques sur la gestion de la pandémie n’ont, semble-t-il, eu que peu de poids face à l’image de persévérance qu'il incarne auprès de ses partisans. Pour ces Américains, Trump représente une figure de résilience et de résistance, prête à défier ce qu’ils perçoivent comme une élite washingtonienne déconnectée.
Une stratégie de campagne ancrée dans les symboles
Au-delà des discours enflammés, la stratégie de campagne de Trump s'est appuyée sur des symboles. Il a multiplié les rassemblements dans des zones rurales et des petites villes, souvent ignorées par le parti démocrate, et a su mobiliser autour de lui une base fidèle, touchée par les défis économiques et culturels. Ces électeurs, souvent peu représentés dans les médias, se sont ralliés en masse, galvanisés par la promesse de retrouver un « American Dream » à leur portée.
Trump a également su réorienter son discours, parlant de souveraineté économique, de relocalisation des emplois, et de protection des industries locales. En revisitant son slogan « America First », il a su toucher les cordes sensibles d’une partie de la population, lassée par la mondialisation et par des décennies de délocalisations qui ont vidé nombre de villes de leur substance économique.
La première femme présidente des États-Unis : un rêve à nouveau reporté
Avec cette victoire, Trump repousse encore la perspective d’une première femme à la Maison-Blanche. Kamala Harris, figure forte du parti démocrate et première vice-présidente de l’histoire, n’a pas réussi à mobiliser suffisamment l’électorat au-delà de sa base partisane. La fracture générationnelle et idéologique au sein des démocrates semble également avoir pesé dans la balance. Certains électeurs progressistes, déçus par la modération de Biden et de Harris sur des dossiers-clés comme le climat ou la justice sociale, ont parfois préféré s’abstenir.
Un nouveau mandat, une nouvelle vision ou un retour aux sources ?
Reste maintenant à voir ce que Trump fera de ce second mandat. Les défis sont multiples : l’économie américaine se redresse mais reste fragile, les relations internationales sont marquées par la montée en puissance de la Chine et les tensions avec la Russie, et le climat demeure une préoccupation pour les nouvelles générations. Les attentes sont élevées, et le président élu devra jongler entre les promesses de campagne et la réalité de l’ère post-COVID.
S'il reste fidèle à sa vision « America First », il n’en demeure pas moins que son retour au pouvoir marque une ère incertaine pour la démocratie américaine. Tandis que ses partisans y voient un retour à la grandeur et à la prospérité, ses détracteurs craignent une nouvelle ère de division et de polarisation.
Un mandat sous haute surveillance
Les États-Unis entrent dans une nouvelle phase, celle d’un retour en force de Donald Trump et d’une continuité inattendue du trumpisme. Ce mandat pourrait redéfinir le paysage politique américain pour des décennies, en ancrant durablement l’idée qu'une partie de l’Amérique profonde souhaite rompre avec l’establishment. Mais les défis à venir, tant économiques qu’écologiques et sociaux, seront à surveiller de près. Le monde entier observera, car, qu'on l'apprécie ou non, l’impact de Donald Trump sur la scène mondiale est indéniable
Mamadou Elhadji LY / CESTI
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