GUINÉE - POLITIQUE : ENCORE UN DRAME EN GUINÉE

Depuis le coup d'État du 5 septembre 2021, qui a porté au pouvoir le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) dirigé par le colonel Mamadi Doumbouya, la Guinée semble s'engager dans une spirale de tragédies humaines et de dérives autoritaires. Les récents événements, notamment le drame de N'Zérékoré en décembre 2024, qui a causé la mort de 56 personnes selon les autorités (plus de 100 selon d'autres sources), viennent rappeler les failles profondes d'une transition militaire qui peine à convaincre. Ces épisodes tragiques, qui s'ajoutent à une longue liste d'accidents, de massacres, de répressions violentes et d'injustices, invitent à une réflexion collective sur l'avenir du pays.





Crédit Photo : RFI, scènes de bousculades au sorti du stade 




Un pays des drames humains à répétition

Les statistiques sont accablantes en Novembre 2022, plus de 20 morts et plusieurs blessés dans un accident à Souguéta. En Décembre 2023, une bousculade à Kaloum fait plus de 20 morts et 241 blessés et dernièrement en Décembre 2024, une nouvelle tragédie frappe N'Nzérékoré, avec des bilans divergents selon les sources. Ces événements rappellent les sombres heures du massacre du 28 septembre 2009, où des centaines de manifestants pacifiques avaient été tués ou violés au stade de Conakry. Aujourd'hui encore, les familles des victimes attendent justice. Le parallèle est troublant, un pouvoir militaire à la légitimité contestée, une répression sanglante et une incapacité à garantir la sécurité des populations.


Une gouvernance sous le feu des critiques

Au-delà des drames humains, la gouvernance du CNRD suscite de vives interrogations. Ces dernières risquent de provoquer de violations des droits humains. En réalité, les manifestations un sont réprimées dans le sang, avec une cinquantaine de morts recensés depuis 2021. Les arrestations arbitraires, les disparitions forcées et les présumés assassinats se multiplient. En plus de cela, la manipulation de la justice : L’appareil judiciaire semble instrumentalisé pour museler les voix dissidentes, instaurant un climat de peur et d'incertitude. Tout ceci couplé à une pauvreté et désespoir : Le niveau de vie des Guinéens continue de se détériorer. La population, frappée par la pauvreté, semble contrainte de troquer ses aspirations démocratiques contre des besoins immédiats de survie. Le CNRD, qui avait promis une transition rapide vers un régime civil, semble désormais s’enliser dans une quête de légitimité prolongée, déguisée sous le concept de « refondation ». Une rhétorique qui, loin de rassurer, alimente les soupçons de confiscation du pouvoir.



Pourquoi une transition prolongée est-elle dangereuse ? 

La transition militaire doit impérativement prendre fin. La Guinée ne peut plus se permettre de prolonger cet état d’exception qui, au lieu de panser les plaies du passé, les exacerbe. La charte de la transition, ainsi que les engagements pris auprès de la communauté internationale, exigent un retour rapide à un régime civil et démocratique. Tout d’abord, il y a une fragilité institutionnelle. Chaque jour qui passe sous un régime militaire affaiblit davantage les institutions démocratiques et crée des précédents dangereux pour l’avenir de la jeunesse guinéenne. A côté de cela, il risque de violences accrues. Les frustrations populaires grandissantes pourraient déboucher sur des soulèvements populaires, plongeant le pays dans une instabilité encore plus grande actuellement. Il y a aussi l’isolement international : La communauté internationale, qui a longtemps toléré le CNRD commence à s’impatienter. Des sanctions économiques ou diplomatiques pourraient aggraver les conditions de vie des populations.




Une nation à la croisée des chemins

La Guinée se trouve face à un choix : important continuer sur la voie des abus, de la répression et du mensonge d’État, ou embrasser un avenir fondé sur la justice, la transparence et le respect des droits humains. Les dirigeants du CNRD doivent comprendre qu’on ne peut construire un avenir stable et prospère sur le sang des innocents et les larmes des familles endeuillées. Servir le peuple signifie répondre à ses aspirations les plus profondes : vivre dans un État de droit, avec des institutions fortes, impartiales et transparentes.



Un appel à la conscience collective

Le peuple guinéen, acteur clé de son destin, doit s’interroger sur sa tolérance face aux abus actuels. Acceptera-t-il pour le CNRD ce qu’il a rejeté pour le CNDD en 2009 ? Le moment est venu pour tous les acteurs, civils comme militaires, de faire preuve de maturité politique. La transition doit s’achever avec la mise en place d’un gouvernement civil légitime, issu d’élections libres et transparentes.


Une transition à réinventer

La Guinée a suffisamment souffert. Les drames humains qui endeuillent la nation depuis des années doivent cesser. Il est temps pour le CNRD de respecter ses engagements, de faire preuve d’humilité et de responsabilité, et de remettre le pouvoir à des dirigeants choisis par le peuple. Car comme l’a dit un jour l’ancien Chef d’Etat de la Guinée Ahmed Sékou Touré : « La dignité, c'est l'harmonie entre le dit et le fait. ». Il est temps que la Guinée retrouve sa dignité.





Mamadou Elhadji LY / CESTI 

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