JUSTICE - MAURITANIE : L’EX PRÉSIDENT ABDEL AZIZ CONDAMNÉ À 15 ANS DE PRISON POUR CORRUPTION
La cour d’appel de Nouakchott a alourdi mardi la peine de Mohamed Ould Abdel Aziz, ex-chef de l’État mauritanien à 15 ans de prison ferme. L’homme fort de Nouakchott de 2009 à 2019 est reconnu coupable d’enrichissement illicite, détournement de fonds publics et blanchiment d’argent. Une décision inédite dans un pays longtemps habitué à l’impunité des élites.
![]() |
| Crédit Photo : RFI, Mohamed Ould Abdel Aziz, ancien Président de la République de Mauritanie. |
La condamnation en appel de Mohamed Ould Abdel Aziz, mardi 14 mai 2025, marque une étape majeure dans l’histoire judiciaire de la Mauritanie. Accusé d’avoir abusé de ses fonctions pour s’enrichir illégalement, l’ancien chef de l’État écope désormais de 15 ans de prison ferme, contre cinq en première instance. La justice a également confirmé la confiscation de ses biens et la déchéance de ses droits civiques. Cette affaire, débutée en 2021, s’appuie sur des accusations de corruption, détournement de fonds publics et blanchiment d’argent, impliquant des montants colossaux. Durant toute la procédure, Aziz n’a cessé de nier les faits, criant à la machination politique. Il accuse son successeur, Mohamed Ould Ghazouani, ancien compagnon de route devenu président, d’avoir orchestré ce qu’il considère comme une vengeance déguisée. Le procès a révélé au grand jour les luttes de pouvoir et rivalités internes au sommet de l’État. Pour les défenseurs de la transparence, cette décision de la cour d’appel est un signal fort adressé à l’ensemble de la classe politique. Elle incarne, selon le ministère de la Justice, un « tournant décisif » dans la lutte contre l’impunité, dans un pays longtemps marqué par l'opacité des régimes successifs. Les ONG et partenaires internationaux saluent une avancée vers plus de redevabilité, alors que la Mauritanie tente de restaurer la confiance dans ses institutions. Cependant Reste à savoir si cette condamnation marquera une rupture durable ou s’il ne s’agit que d’un épisode de plus dans les recompositions silencieuses d’un pouvoir toujours sous tension.
Mamadou Elhadji LY / CESTI

Commentaires