SÉNÉGAL - POLITIQUE : DU STYLO CRITIQUE AU STYLO DE CIRE
Madiambal Diagne pose sa plume, mais pas sa langue : avec le livre « Wade, Mille et Une Vies » l’ex-journaliste tire sa révérence avec un livre qui oscille entre hagiographie camouflée, règlement de comptes feutré et récit aux accents de mille et une contradictions. Un conte pas toujours des mille et une nuits.
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| Crédit Photo : Page Facebook Madiambal Diagne, auteur du livre « WADE, MILLES ET UNE VIES » |
À croire que Madiambal Diagne, une fois libéré des chaînes de la neutralité journalistique a décidé de troquer le stylo du reporter pour la lampe d’Aladin. Quelle décadence intellectuelle, ça serait non ! Dans « Wade, Mille et Une Vies », il frotte fort, très fort l’image d’Abdoulaye Wade, jusqu’à la faire briller comme un trophée de longévité politique. Un ouvrage aux allures de tapis volant qui nous emporte dans le labyrinthe des souvenirs du vieux lion libéral, là où mémoire et mythe s’enlacent dans une valse… pas toujours sobre. Le livre promettait un portrait sans fard. On se retrouve face à un Wade à la fois prophète, stratège, martyr, poète et pourquoi pas demi-dieu du panthéon politique sénégalais. Madiambal, visiblement touché par une forme d’amnésie sélective et d’admiration tardive, esquive avec grâce les aspérités d’un règne pourtant semé d’embûches, d’émeutes, et de coupures d’électricité. Ironie du sort, celui qui a longtemps été perçu comme l’un des adversaires les plus tenaces du pouvoir wadiste se mue en biographe bienveillant. Est-ce le syndrome du syndrome de Stockholm éditorial ? Ou simplement une dernière pirouette d’un homme de presse qui a toujours su naviguer dans les eaux les plus troubles sans jamais vraiment couler ? Si « Mille et Une Vies » a une vertu, c’est de rappeler que l’Histoire appartient souvent à ceux qui la racontent. Et parfois, à ceux qui la réécrivent… avec panache et quelques plumes d’autruche.
Mamadou Elhadji LY / CESTI

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