DEUX RAMADAN, DEUX KORITÉ, HERE WE GO AGAIN !



Crédit Photo : Seneplus, Sénégal 



Comme chaque année, le débat sur l’apparition ou non de la lune a encore occupé le débat dans le monde, oups le monde musulman du « Sénégal ». Oui, du Sénégal, car c’est seulement dans ce pays que subsiste ce débat vide de sens. Alors qu’à l’autre bout du monde, beaucoup de pays affirment avoir aperçu la lune. Ah cette lune, sacré lune ! Elle aurait pu se faire discrète, suivre un itinéraire bien tracé, s’aligner sur une rigueur astronomique incontestable. Mais non, madame la lune, « rebelle » et insoumise a préféré offrir aux musulmans du Sénégal et d’ailleurs une belle cacophonie céleste. Résultat : deux Ramadans, deux Aïd El Filtr et une unité musulmane qui tangue plus que jamais au bas fond de l’océan. D’un côté, il y a les astronomes, ces gens un peu trop rationnels qui osent prétendre que la lune suit des lois précises, prévisibles, quasi mathématiques (quel culot hein !). Ils annoncent les dates des fêtes religieuses des mois à l’avance, en s’appuyant sur des calculs astronomiques millimétrés. De l’autre, les partisans de la vision à l’œil nu, pour qui rien ne vaut un bon vieux coup d’œil vers le ciel. Peu importe les télescopes et les algorithmes, aussi extraordinaires et efficaces que seront les inventions de la science, si un vénérable sage affirme avoir aperçu un croissant, alors que le ciel est couvert et que même les satellites n’ont rien vu, il faut le croire sur parole ! Mort de rire, toutes les versions sont plausibles dis donc ! Au Sénégal, cette joyeuse pagaille est une tradition bien ancrée et perpétrée depuis des années. Chaque année, le pays se divise : une partie de la population fête l’Aïd un jour, l’autre le lendemain. Les familles éclatées se retrouvent à négocier un délicat équilibre : « On fait la prière avec papa aujourd’hui et on mange le mouton chez maman demain ? Haha bizarre comme fête non ! » Les autorités religieuses, elles oscillent entre diplomatie et résignation. « C’est une richesse dans la diversité », tentent-elles d’expliquer avec souvent des dents qui grincent, pendant que les bouchers ravis profitent de la situation pour vendre leurs moutons deux jours de suite. Tiens tiens, apparemment une fête qui profite à certains y Le phénomène ne se limite pas au Sénégal. Partout dans le monde musulman, les fidèles naviguent entre confusion et adaptation. En Arabie Saoudite, l’annonce officielle tombe souvent en premier aussitôt contestée par d’autres pays qui ne veulent pas être perçus comme des suiveurs. En Indonésie, au Maroc, en Égypte, le suspense lunaire devient un feuilleton annuel à rebondissements. En France, c’est le chaos dans les mosquées, où chacun suit le pays d’origine de son imam préféré. Les musulmans de l’Hexagone jonglent entre les dates, tandis que les employeurs perplexes se demandent combien de jours fériés religieux il faudra encore accorder. Et si on tranchait une bonne fois pour toutes ? Alors, pourquoi ne pas unifier tout cela ? Un concile mondial de la lune ? Une réforme astronomique obligatoire ? Ou mieux une application mobile « Lune Certifiée » qui envoie une notification universelle validée par un comité international d’imams et d’astronomes ? Hahaha, eh bah va falloir se décider là. Mais ce serait sans compter sur la magie du désordre, ce petit goût d’absurde qui rend le monde musulman si unique. Après tout, à quoi ressemblerait un mois de Ramadan sans son inévitable débat sur la date exacte de l’Aïd ? Il manquerait sans doute une saveur… un peu comme un bon thiéboudienne sans piment. D’ici là, joyeux Aïd... à la date de votre choix !



Mamadou Elhadji LY / CESTI 

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